Séries

Orphan Black : l’attaque des clones

Il y a beaucoup de séries qui commencent très fort, avec une première saison excellente. Puis la qualité a tendance à diminuer au fur et à mesure des saisons, le filon s’épuise, les producteurs font durer trop longtemps… À mes yeux, pour Orphan Black, c’est l’inverse ! Une série qui a démarré doucement, sans me marquer spécialement, mais qui a gagné en intensité et en intelligence au fur et à mesure des saisons ! Je viens juste de la terminer quelques mois après la diffusion du finale, et je me suis dit que c’était le moment de donner envie à ceux qui ne l’auraient pas encore regardée.

Sur le quai de la gare, deux inconnues à la ressemblance plus que troublante. Lorsque l’une d’elle se jette sous un train, la seconde réagit par instinct. Pour fuir ses emmerdes, Sarah décide de prendre l’identité de son sosie. Mais elle ne sait pas dans quelle histoire elle est entrain de mettre les pieds. Elle va bientôt découvrir que Beth n’est pas la seule personne avec qui elle partage son physique…

Orphan Black série

Pour la petite histoire, j’ai commencé Orphan Black sans grande conviction. J’avais tenté Ringer peu de temps avant. Mais si, vous savez, la série qui devait être le grand retour de Sarah Michel Gellar en 2011. Non ? Dans cette série, deux sœurs jumelles sont sur un bateau, et quand l’une tombe à l’eau, l’autre décide de voler son identité, sans savoir ce qui l’attend. Autant vous dire qu’après ça le scénario d’Orphan Black ne me semblait pas vraiment innovant, et vu le fiasco de la 1ère, ça ne m’inspirait rien qui vaille.
Si la première saison avait des points communs avec Ringer (Sarah doit composer avec le conjoint de la défunte par exemple), le scénario a heureusement bien mieux évolué, jouant pleinement la carte des projets secrets expérimentaux.

Double Je

Tout d’abord, impossible de parler d’Orphan Black sans souligner l’incroyable performance de l’actrice principale, Tatiana Maslany. Au cours des cinq saisons de la série, Tatiana aura endossé plus d’une douzaine de rôles différents. Chaque personnage partage un même physique. Mais au delà de ça, chacun à ses mimiques, intonations, son style, sa façon de bouger. Pour plusieurs, son accent. La transformation pour chaque personnage est véritablement bluffante. Et elle l’est de plus en plus au fur et à mesure des saisons je trouve. Il ne s’agit pas que d’un déguisement, d’une changement de coiffure et de maquillage. On finit véritablement par oublier qu’il n’y a qu’une seule femme pour incarner tous ces personnages. Honnêtement, on finit même par oublier qu’elles se ressemblent. Leurs différences semblent aussi importantes que leurs points communs. Difficile d’imaginer tout le travail et la préparation qu’il a fallu à l’actrice pour réussir cet incroyable tour de passe-passe pendant cinq saisons ! Chaque “version” a vraiment une personnalité qu’on apprend a découvrir, un background qui rend chaque personnage fascinant.
Sarah, Rachel, Cosima, Alison, Beth, Helena, MK, Krystal… Elles apportent toutes quelque chose.

Orphan Black Tatiana Maslany

Des références littéraires et mythologiques à la pelle :

En explorant le thème du clonage, des expérimentations scientifiques, mais aussi des “soi” alternatifs, Orphan Black avait tout un tas d’œuvres desquelles s’inspirer. Et la série ne manque pas de rendre de nombreux hommages, plus ou moins visibles, à ces lointains parents. L’île du Docteur Moreau est un élément essentiel de la série, le livre étant un objet physique important, puis on retrouvera carrément certains éléments de l’histoire. On peut aussi voir une référence à Alice au Pays des Merveilles avec le comic store qui s’appelle “The Rabbit Hole”. Moins clairement annoncé, on trouve également des références au Magicien d’Oz ou encore au Docteur Frankenstein et sa créature dans les dernières saisons… On peut même voir les villageois prendre leurs fourches et leurs torches pour chasser le monstre.

Orphan Black Frankenstein

Inné VS Acquis

Tout au long de la série, on découvrir des clones qui, malgré un génome identique, ont tous évolué de façon différente en fonction de leur famille, de leur pays. La série n’a de cesse d’interroger sur ce qui fait qui on est. Elle oppose l’inné, ce qui est dans les gênes, et l’acquis, qui est appris en grandissant, tout au long de la vie. Et si cette réflexion s’applique évidemment à l’expérience scientifique dont les clones sont le sujet, elle s’applique aussi à tout un tas d’autres questions qui irriguent l’oeuvre. Il est par exemple beaucoup question de famille et de liens de parenté. Il y a la famille que l’on a et celle que l’on choisit. Ceux qui nous donne naissance, que ce soit de façon physique, de façon scientifique et artificielle. Mais aussi ceux qui nous adoptent, ceux qui nous aiment.

Badass Orphan Black Babes

Je ne m’attarderais pas trop sur la question mais : qu’est-ce que ça fait plaisir de voir des personnages féminins aussi variés et intéressants ! Sans avoir la moindre prétention ou revendication (contrairement à la série GLOW dont on a déjà parlé ici ou encore le film Wonderwoman), Black Orphan montre qu’il est tout à fait possible d’écrire des rôles féminins de qualité, tout en servant une histoire de science-fiction et d’action, un domaine où on voit plus souvent des héros que des héroïnes. Un vrai régal, d’autant plus que les personnages masculins sont également vraiment bien écrits, qu’il s’agisse de l’exubérant Félix, l’aimant Donnie, le loyal Scott, ou encore les Castor, pendant masculin du projet de clonage (on peut également applaudir le jeu d’acteur de Ari Millen, qui incarne 6 clones !).

Orphan Black Castor

Si vouus avez déjà regardé la série, quel est votre clone favori ? Et sinon… Vous attendez quoi ? !

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