Couverture série Atypical Pingouin
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Atypical -ment vôtre

Les personnages atteints d’autisme sont devenus relativement courants dans l’univers des séries ces dernières années. Certains sont officiellement diagnostiqués comme tel tandis que pour d’autres, c’est seulement suggéré. On peut penser à Sheldon Cooper de The Big Bang Theory pour une version cartoonesque, Sherlock et sa froide intelligence ou encore Abed de Community, qui s’aide de la pop-culture pour comprendre le monde qui l’entoure. Mais l’autisme est rarement directement abordé, c’est plus une caractéristique de ces personnages plutôt qu’un véritable sujet. Dans Atypical, on découvre le quotidien d’un autiste mais aussi et surtout de son entourage, l’impact que cela peu avoir sur les moindres activités ou relations.

atypical série 1

Certifié Bio

Pour parler de Sam, adolescent de 18 ans atteint d’autisme, la série Atypical a choisi un angle quasi anthropologique. En voix-off, Sam nous parle d’anecdotes scientifiques sur les pingouins, dont il est passionné, et le parallèle se fait avec certaines scènes. Sam apparait ainsi comme une espèce à part entière. Pour apprendre à le comprendre, la série propose une “observation en milieu naturel” : la famille. Et le plus intéressant ? Finalement, les autres membres de la famille semblent aussi être des espèces à part entière

atypical série 2

J’ai personnellement bien aimé ce parti pris, ce parallèle entre la biologie et la vie des personnages. Au delà de certaines métaphores filées très bien trouvées, ce point de vue installe une distanciation avec certaines situations. Comme peut le faire cette maladie. Mais il nous donne aussi un outil précieux pour nous mettre dans le sweat à capuche de Sam. L’Antarctique est le prisme par lequel passe un paquet de ses pensées. Au delà d’un sujet de fascination, pour ne pas dire obsession, c’est aussi ce qui lui permet de s’exprimer et s’affirmer parmi les neuro-typiques.

Une famille pas comme les autres

La série n’est pas parfaite, mais elle a une qualité certaine : elle ne s’intéresse pas qu’à Sam, mais aussi à toutes les personnes qui constituent son cercle social. Ce n’est pas une série sur l’autisme, mais sur comment on vit avec. Et tous ces personnages sont traités de manière indépendante, avec leurs propres états d’âme, leurs craintes, leurs défauts. Si l’histoire liée à la mère prend un peu trop de place à mon goût, elle permet cependant de bien saisir la crise existentielle que cette dernière traverse. Après avoir consacré ces dernières années à son fils, tout son monde résolvant autour de lui, elle se retrouve dépourvue quand la bise fut venue lorsque ce dernier cherche son indépendance et semble de moins en moins avoir besoin d’elle.

atypical série 3

Le père de famille, joué par le toujours bonhomme Michael Rapaport, est également attachant. Lui qui n’a jamais vraiment trouvé comment connecter avec son fils va tout à coup obtenir un moyen de se rapprocher de lui. En parlant des filles …

Mais le personnage le plus intéressant est sans doute celui de la petite soeur, Casey, interprétée brillamment par Brigette Lundy-Paine. Très protectrice, la jeune fille devient bourrue dès qu’on essaie de s’en prendre à son frangin. Malgré un Sam qui focalise une grande partie de l’attention et du temps de ses parents, elle ne fait pas d’histoire, se met en recul avec maturité. Mais lorsqu’elle obtient une bourse sportive pour une prestigieuse école, difficile de se décider à suivre son rêve quand cela signifie ne plus être là pour aider son frère …

Malgré leurs histoires personnelles, tous se retrouvent confrontés aux mêmes questions et mêmes difficultés. La pression lorsque quelqu’un dépend de nous, le sentiment d’inutilité quand quelqu’un ne semble plus avoir besoin de nous …

Indépendance Day

Toute l’intrigue de la série Atypical repose sur le fait que Sam, arrivant à l’âge adulte, souhaite devenir plus indépendant et trouver une copine. Mais on découvre au fur et à mesure que cette quête de liberté et d’amour est en réalité celle de tous les personnages. Chacun se cherche, essaie de comprendre ce qu’il aime, ce qui le définit, ce qu’il veut. Ils tirent tous sur leurs relations comme sur autant d’élastiques. Certains s’étirent avant de rapprocher les personnages, d’autres lâchent et claquent violemment au visage.

atypical série 4

What is Love (baby don’t hurt me ♪ )

Sam est peut-être atypique, mais pourtant, comme tout le monde, il a envie de se sentir aimé. C’est le thème universelle de l’amour qui va apporter un peu de fraîcheur à cette dramédie. Si notre jeune ami autiste ne comprend pas grand chose aux relations, il faut bien être honnête : les autres non plus. Chacun y va de sa théorie, de ses astuces pour essayer d’aider Sam. Ce dernier tente d’aborder la question de manière scientifique, avec des listes, des observations. Mais quelque chose d’insaisissable échappe toujours à ses tentatives.

atypical série 5

En bref, Atypical est une série assez gentille, qui se laisse regarder avec une facilité déconcertante, sans être révolutionnaire. On échappe à une série “éducative” sur l’autisme, pour aborder finalement cette famille comme n’importe quelle autre. On ne se retrouve ni à éclater de rire ni ému aux larmes, mais Atypical attendrit et fait sourire. Et c’est déjà pas mal.

Ah et vous vous souvenez quand je vous parlais de Glass Animals ? Plusieurs morceaux font partie de la bande son !

1 Comment

  1. Ton article est super !
    J’ai beaucoup aimé cette série, d’ailleurs j’en ai parlé aussi sur mon blog mais je dois dire que ton analyse est vraiment intéressante et très complète 🙂
    Bises,
    Jen

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